Du Pisco à Valpo
  

Du Pisco à Valpo






, Chili
le 31/03/2017

 

Ces derniers jours, notre séjour a pris une autre tournure. Voyez plutôt : sandales, petits sacs à dos, gastronomie, balades et repos. De Santiago à Valparaiso en passant par la vallée del Elqui, nous nous sommes ressourcés entre village isolé et ville bigarrée !

 

Nous quittons Santiago, de nuit, en bus et arrivons, 500 km plus au nord et au petit matin, à La Serena, grande ville Chilienne. Dans la foulée, nous montons dans un mini-bus pour rejoindre, 2 h plus tard, la vallée de l’Elqui et le petit village de Pisco Elqui. En s’enfonçant dans la vallée, nous découvrons un paysage surprenant fait de vignes verdoyantes qui viennent lécher des montagnes désertiques.

 

Avec des yeux semi ouverts (la nuit en transport a été courte), nous évoluons dans les premières rues de Pisco Elqui. Ce village nous plaît déjà. Le camping, où nous installons la tente, nous plaît lui-aussi. Situé au bord d’un petit ruisseau, il est verdoyant et respire la tranquillité. Nous ne résistons pas à une sieste matinale… jusqu’à 14 h !

 

L’après-midi, nous continuons à découvrir le reste du village constitué de quelques rues colorées qui s’articulent autour de la place principale où trône une belle église. Sur quelques façades de maisons et échoppes, nous observons des peintures représentants des enfants, animaux et symboles plus ou moins mystiques. C’est d’ailleurs une ambiance mystique qui règne dans ce petit village isolé aux touches hippies et indouistes.

 

Même la gastronomie est différente. Bien sûr, nous n’échappons pas aux traditionnels snacks frits et gras Chiliens mais nous dégustons aussi des mets plus savoureux à base de légumes, céréales et fruits frais. Tout cela sous un beau soleil, avec un air pur et surtout une atmosphère calme et détendue… Santiago est bien loin !

 

Jeudi, nous nous rendons à pied à une distillerie familiale de Pisco à 4 km du village. En effet, avant de se délecter de ce breuvage alcoolisé (enfin, plutôt du Pisco Sour. Ce cocktail national à base de Pisco dont le Pérou et le Chili se dispute l’appartenance), il nous semble bon de comprendre sa fabrication.

 

 

Le tour guidé se passe en espagnole. Nous ne comprenons pas grand-chose mais savons surtout que, comme tout alcool à base de raisin, le lent de fermentation se suit d’un processus de distillation très précis. La mise en bouteille se fait après 10 mois pour le Pisco à 35° et 3 ans pour le Pisco à 40°.

 

 

Par contre, nous comprenons très bien le mot « degustacion ». En fin de tour, nous goûtons donc, pour la première fois, le Pisco pur. Hors du cocktail, cet alcool n’est pas si extraordinaire même si le 40° à notre faveur. La visite terminée, nous entamons le stop qui marche rapidement et rentrons rapidement à notre campement. Le soir même, nous avons rendez-vous avec Mario, le responsable-guide de la compagnie Migrantes. Avec lui et deux autres français, nous faisons une excursions « observations des étoiles ». La vallée del Elqui est réputée pour l’observation du ciel et de ses étoiles car le climat y est sec et le ciel peu nuageux avec une très faible pollution lumineuse. Certes, nous ne sommes pas sur les hauts plateaux Boliviens, cependant, les observatoires sont, ici, nombreux. Pourtant, nous y préférons un lieu d’observation extérieur à quelques kilomètres au-dessus du village. En sortant du van, nous découvrons un ciel étincelant traversé par une superbe voie lactée. Mario allume un feu et nous offre un verre de Pisco Sour. Nous sommes tout de suite conquis ! Même si le Pisco n’est, cette fois, pas pure mais en cocktail, il nous fait, sûrement, voir bien plus d’étoiles qu’il n’y en a.

 

Les explications de Mario (en anglais), nous en apprennent un peu plus sur notre voûte céleste et nous avons la chance d’observer dans son télescope des constellations, nébuleuses ainsi que Jupiter et ses 4 lunes. Un spectacle incroyable ! D’autant que toutes ces corps célestes sont à des années-lumière (4 ans pour les étoiles visibles à l’œil nu les plus proches et 2000 ans pour les plus éloignées. Nous nous endormons la tête, encore, dans les étoiles.

 

Vendredi matin, nous nous levons assez tôt (8 h, c’est quand même les vacances) pour grimper le sommet qui domine notre camping et qui nous appelle depuis notre arrivée. Nous sommes d’attaque dès 9 h mais rencontrons des difficultés pour trouver le début du sentier qui n’est pas indiqué. Nous faisons demi-tour devant une rivière qui nous barre l’accès ; puis, second devant l’entrée d’un camping qui semblait être le lieu de départ mais qui est fermé ; et enfin, un dernier au pied des vignes qui est un lieu privé… Finalement, nous revenons à notre camping et tentons notre chance directement d’ici. L’accès est trop vertical et glissant. Un des employés du camping nous déconseille vivement de continuer.

 

Plus qu’une solution, l’abandon… ah ah c’est mal nous connaître !! Nous prenons nos chaussures d’eau et, à 11 h, nous traversons finalement la rivière ! L’aventure n’est pas, tout à fait, terminée car nous devons crapahuter dans des éboulis (1 pas devant, 2 pas derrière) pour enfin trouver la bonne trace du sentier.

 

D’abord à flanc de montagne, nous devons nous montrer prudent pour ne pas glisser et retomber dans notre camping 50 mètres plus bas. La vue est déjà dégagée sur le village et les vignes, mais nous restons concentrés sur le chemin ! Enfin, nous passons sur l’autre versant (moins vertigineux) et levons les yeux vers une montagne aride couverte de cactus !

 

La montée est très raide, poussiéreuse et rendue difficile par le soleil bien présent. Pas après pas, nous avalons les 700 mètres de dénivelée avec quelques pauses pour admirer un paysage qui s’élargit au fur et à mesure de notre ascension.

 

Au sommet, nous jouissons d’un exceptionnel panorama sur le village et les vignes verdoyantes de Pisco qui contrastent avec les couleurs désertiques des sommets qu’elles épousent. Dans le ciel, toujours pas un nuage ! Les vignes doivent leur survie à quelques ruisseaux bien irrigués et autour desquels poussent une végétation incroyablement dense et verdoyante.

 

Avant de redescendre, nous redressons les couleurs Chilienne (le drapeau étant couché à notre arrivé). Cette redescente est récréative. Nos pieds glissent sur la poussière, même si parfois c’est un peu trop. En deux fois moins de temps, nous retrouvons le camping et pouvons enfin regarder le sommet droit dans les yeux !

 

Le soir, nous découvrons de délicieuses saveurs dans deux restos différents : houmous à la coriandre, saumon aux câpres et risotto de quinoa. Tout ça accompagné, bien sûr, de quelques Pisco Sour ! La nuit est toujours aussi agréable dans notre idyllique camping.

 

Pour notre denier jour à Pisco Elqui, nous prenons le temps d’un bon BBQ au camping. Dommage que ce moment soit perturbé par le jardinier qui décide de tondre toute l’herbe du camping. Faut dire qu’ici ils prennent soin du site : pas moins de 3 employés balayent toute la journée les quelques feuilles mortes et les sanitaires sont lavés quasi toutes les heures.

 

L’après-midi, nous levons les pouces pour rejoindre le village artisanale d’Horcon, à 15 km au fond de la vallée. Après 2 voitures, nous arrivons au pied des remparts boisés qui entourent ce micro-village où se regroupent quelques artisans. Ici, c’est vraiment hippie. Des artisans à leurs conceptions, tout est rétrogradé aux années 70 à l’exception des prix !

 

Nous faisons la moitié du chemin retour à pied avant qu’une voiture nous dépose à Pisco Elqui. Au camping, nous profitons des derniers rayons de soleil pour se tremper dans la rivière dont les berges sont bien aménagées. Pour notre dernière soirée, nous retournons dans notre bon petit resto plein air pour se régaler de quésadillas, desserts et Pisco Sour aux multiples saveurs (Mange, menthe, copas - fuit du cactus) !

 

Dimanche matin, nous plions la tente avec pour objectif la descente à Valparaiso. Nous pensons tendre le pouce mais nous négocions avec un mini-bus un bon prix pour rejoindre La Serena. Nous quittons Pisco Elqui avec une pointe de tristesse. Il faut dire que nous étions bien dans ce petit havre de paix.

 

Arrivés à La Serena, nous tentons notre chance en auto-stop à côté de la gare routière. Nous partageons un coin de feu rouge avec deux ou trois laveurs de carreaux et sommes en bord d’une double voie, les chances sont minimes. Quand nous nous décidons à abandonner au profit d’un bus, un camion s’arrête et nous invite à monter.

 

A l’intérieur, nous faisons la rencontre de Carlos, un Chilien intéressant et intéressé. Nous roulons sur la Panaméricaine, une route entre océan pacifique et désert et avons l’impression de revenir 4 mois en arrière dans nos camions argentins sur la route 3 direction Ushuaia.

 

Après 5 h de covoit, Carlos nous dépose à une ville carrefour qui permet de rejoindre Valparaiso. Il est déjà tard et le bus ne coûte pas cher alors nous finissions cette longue journée de transport dans un bus. Après 2 h de route, nous découvrons les collines de Valparaiso by night illuminées par leurs milliers de maisons. Nous optons pour le quartier Cerro Alegre situé en plein centre-ville où nous trouvons une sorte d’auberge chez l’habitant. Une petite maison bleu coincée entre deux autres offre trois chambres dans une rue calme et colorée du quartier. Le propriétaire gère (plus ou moins) cette maison avec un jeune étudiant. L’ambiance est sympathique, nous nous sentons comme à la maison (même si ça serait plus propre chez nous).

 

Nous avalons un « empanadas » et partons nous coucher. La visite de « Valpo » (comme ils disent ici) est pour demain ( Valparaíso Valle paraíso « Vallée Paradis »). Ce sont les cris des mouettes qui nous réveilles ce lundi matin. Et oui, ici, nous sommes en bord d’océan, qui plus est dans le premier port du Chili ! Ce qui nous marque en premier c’est l’odeur et la saleté qui règne dans les ruelles, dommage ! Nous en faisons abstractions et découvrons ce qui fait la renommée de Valpo : les peintures et graphes colorés des murs, les escaliers par milliers tout aussi colorés et les ruelles tortueuses. Un vrai dédale dans lequel il est bon et facile d’évoluer.

 

En levant les yeux, d’autres couleurs apparaissent : celles des milliers de maisons adossés aux collines. Ces « cerros » sont au nombre de 42 et font face à l’océan dans une configuration d’amphithéâtre. Le premier quartier à s’être peuplé est celui du port appelé « le plan ». Quand celui-ci a été saturé, les habitants sont peu à peu montés s’installer sur les collines. On peut parler d’exode « citadine » !

 

Les collines de Valparaiso ont des caractéristiques urbaines et sociales différentes les unes des autres. Elles ont leurs propres rues et escaliers d’accès. Beaucoup ont eu ou continuent d’avoir des ascenseurs (les funiculaires) qui les relient au plan. Les cerros sont composés d’épiceries, d’associations et d’une vie communautaire propre à chacun qui donnent à ces quartiers une identité unique

 

En cette première journée, nous voyons les Cerro Alegre, Càrcel et Concepcion et montons dans les ascenseurs Reina Victoria et Artilleria. La plus belle vue de la ville se situe au Paseo 21 de Mayo. Très large, elle permet de voir toutes les collines habitées et, surtout, l’immense port grouillant d’activité. Nous rentrons avec une meilleure opinion de la ville, mais Valpo la « bohème » souffre quand même des mots d’une grande ville : trafic, bruit auxquels s’ajoute surtout une pollution visuelle et odorante… Encore une fois, dommage !

 

Au cours des deux autres jours, nous continuons à arpenter les cerros (Florida, Bellavista, Molino, Polanco, Recreo) entre escaliers, ruelles verticales et ascenseurs du début du XXème siècle. Nous croisons la maison de Pablo Neruda (célèbre poète Chilien), errons dans un petit quartier coloré nommé musée à ciel ouvert et observons quelques phoques et lions de mer proche du rivage.

 

Les peintures égayent ce paysage urbain entre maisons coloniales et bidons-villes. Une mixité que l’on peut retrouver étrangement dans une même ruelle. Ruelles qui, en cette basse saison, sont plus fréquentées par les chiens que les touristes. Dans les grandes avenues « en bas » de la ville, nous trouvons des marchés et des étales vendant tout et n’importe quoi, là aussi le mélange et de mise (du mouchoires en papier aux ceintres en plastiques).

 

Pour couper un peu de la frénésie de la ville, nous nous rendons au village de Quintay pour une journée. Après 1h de bus, nous arrivons dans ce petit port de pêche au sud de Valpo. Le mot « petit » n’est pas usurpé quand nous découvrons quelques chaloupes reposant sur un minuscule band de sable. Trois ou quatre restos s’étalent entre la plage et le bout du port, soit sur une distance de 300 m environ. Ce petit port dégage une senteur des poissons fraichement pêchés et diffuse le bruit des goélands se disputant les morceaux non désirés par les pêcheurs. Nous nous croyions presque dans un petit port bordant la Méditerranée sauf que le Pacifique chilien est un peu plus sale !

 

Hors saison, tout semble fermé et nous désertons Quintay pour nous rendre à Granda Playa. Après 2km, nous trouvons enfin une vraie plage où il est bon de s’assoir dans le sable et de profiter du bruit des énormes vagues sous un soleil bien chaleureux ! Cette plage au sable blond est bordée par de hautes falaises verdoyantes sur lesquelles les vagues se cassent littéralement. Le seul bémol est le quartier résidentiel en train de sortir de terre à moins d’un kilomètre de là. La frénésie de l’urbanisme touche tout le monde !

 

Peu importe, rien ne gâche notre bonheur de profiter enfin d’une plage, de l’océan Pacifique et,surtout, du calme de la saison que nous préférons, je nomme la hors saison !

 

De retour à Valpo, nous profitons (quand même) des charmes de cette ville en s’offrant un superbe coucher de soleil sur la baie et les collines avant de goûter une spécialité chilienne : le Curanto. Attention, mieux vaut avoir faim pour s’attaquer à ce plat qui mélange poisson et viande ! Ça tombe bien, nous n’avons fait que grignoter toute la journée !

 

Vendredi, c’est la préparation pour notre dernière ligne droite. Nous faisons les courses pour la semaine, paquetons nos sacs et prenons le bus en fin de journée pour Santiago. Non non, nous n’avons pas envie de repasser quelques jours dans la capitale, c’est juste que l’aéroport international se trouve là-bas.

 

Pas d’euphorie, nous ne rentrons pas… pas encore !! Nous quittons juste le continent, comme le dise les Corses, pour rejoindre non pas l’île de beauté mais l’île de Pâques. Notre dernière semaine d’aventure en Amérique du Sud se passera donc à Pâques et qui plus est pendant Pâques ! Voilà comment bien terminer ce road trip !

 

 

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